En bref. Après un hackathon, un Startup Weekend ou un bootcamp de quelques jours, la plupart des équipes retournent à leur vie normale et les projets s'arrêtent. Pour donner une suite aux équipes qui veulent continuer, il faut décider avant l'événement de ce qui se passera après : un critère simple pour savoir qui poursuit, un rendez-vous fixé dans les quinze jours, un premier objectif terrain précis, et un endroit où le projet garde sa mémoire. Le suivi qui marche est léger, régulier et centré sur l'action, avec une porte de sortie claire pour les équipes qui s'arrêtent.
Le lendemain du jury
J'ai été jurée et coach dans plusieurs événements de ce type. L'énergie du dernier soir est réelle : les équipes ont travaillé jour et nuit, certaines ont trouvé une vraie idée, parfois un vrai problème, et elles repartent avec l'envie de continuer.
Puis le lundi arrive. Quand on demande aux organisateurs ce qui se passe après, la réponse la plus honnête est souvent : rien, les participants retournent à leur vie normale. Les étudiants ont leurs cours, les salariés leur travail, et sans cadre, l'envie de continuer ne résiste pas à trois semaines de quotidien.
Les organisateurs le savent, et beaucoup essaient de proposer une suite : un appel par mois, quelques mises en relation, une invitation à candidater dans un incubateur. Dans la plupart des dispositifs que je connais, ce suivi reste léger.
Pourquoi la suite compte pour l'organisateur aussi
Un programme court a souvent des financeurs ou des partenaires qui veulent savoir ce qu'il a produit. Le nombre de participants et de pitchs dit ce qui s'est passé pendant l'événement. Ce qui intéresse vraiment un financeur, c'est ce que les projets sont devenus six mois plus tard, et c'est précisément ce que l'organisateur ne voit pas.
Pour les participants, la suite fait la différence entre un bon souvenir et un premier pas d'entrepreneur. Pour les pré-incubateurs et les incubateurs du territoire, c'est un vivier de projets qui ont déjà prouvé qu'ils savaient travailler en équipe.
Ce qu'il faut décider avant l'événement
1. Qui continue
Toutes les équipes ne veulent pas poursuivre, et c'est normal. Proposez un critère simple et volontaire : les équipes qui s'engagent à mener dix entretiens avec de vrais clients potentiels dans le mois qui suit. Ce critère trie mieux qu'une note de jury, parce qu'il mesure l'envie d'aller sur le terrain.
2. Un rendez-vous dans les quinze jours
Fixez la date avant la fin de l'événement, dans l'agenda des équipes. Au-delà de quinze jours, l'élan est retombé. Une heure en visio suffit.
3. Un premier objectif terrain
Pendant l'événement, les équipes ont surtout produit : un pitch, une maquette, un modèle économique. La suite doit les faire sortir. Le premier objectif est donc toujours un objectif terrain : des entretiens, une précommande, un test de prix.
4. Un endroit où le projet garde sa mémoire
Ce que l'équipe a appris pendant l'événement se trouve dans des post-it, un drive, un groupe de messagerie et la tête de chacun. Dans un mois, il n'en restera presque rien. Rassemblez au même endroit le problème, la cible, les hypothèses et ce que les premiers entretiens ont donné, et faites-y travailler l'équipe. Les données dispersées entre un drive, un outil de prise de notes et plusieurs messageries sont la première cause de perte d'information.
5. Une porte de sortie
Prévoyez une étape où l'équipe décide de continuer ou d'arrêter, avec ce qu'elle a appris. Un projet qui s'arrête après un mois d'entretiens parce que le problème n'existe pas est une réussite du dispositif : l'équipe a appris quelque chose d'utile et n'a pas perdu un an.
Un suivi léger, à distance
Les organisateurs de programmes courts ont rarement les moyens de suivre des dizaines d'équipes pendant des mois, surtout quand les événements ont lieu dans plusieurs villes ou plusieurs pays. Le suivi doit donc reposer sur le travail des équipes et sur un regard ponctuel des coachs :
- un point d'étape court tous les quinze jours, rempli par l'équipe ;
- un appel mensuel avec un coach, préparé à partir de ce point d'étape ;
- des mises en relation ciblées quand une équipe a une question précise ;
- un bilan à trois mois, avec les hypothèses testées et la décision prise.
C'est ce que La Mashine permet de faire à distance : les équipes continuent à travailler leur projet avec une IA qui en garde la mémoire, et l'organisateur et ses coachs voient lesquelles avancent, lesquelles décrochent, et ce qu'elles ont appris, avec un reporting exportable pour les partenaires. Le porteur ne paie rien quand la structure lui ouvre l'accès.
Questions fréquentes
Que deviennent les projets après un hackathon ou un Startup Weekend ?
Sans suivi organisé, la plupart s'arrêtent dans les semaines qui suivent : les participants retournent à leurs études ou à leur travail. Les équipes qui continuent sont souvent celles qui ont un rendez-vous fixé rapidement et un premier objectif terrain précis.
Comment organiser le suivi des équipes après un événement entrepreneurial ?
Décidez-le avant l'événement : un critère volontaire pour continuer (par exemple dix entretiens clients en un mois), un rendez-vous dans les quinze jours, un premier objectif terrain, un endroit unique où le projet garde sa mémoire, et une étape de décision à trois mois.
Comment mesurer l'impact d'un hackathon ?
Au-delà du nombre de participants, suivez ce que les projets deviennent : combien ont mené des entretiens dans le mois suivant, combien d'hypothèses ont été testées, combien d'équipes ont décidé de continuer ou d'arrêter en connaissance de cause, et combien sont entrées dans un incubateur ou ont créé leur entreprise.
Un pré-incubateur peut-il prendre le relais après un programme court ?
Oui, c'est même une suite naturelle pour les équipes les plus engagées. Le passage est plus simple si le pré-incubateur récupère l'historique du projet (hypothèses, entretiens, décisions) plutôt que de repartir d'un pitch.
